TREK AU Népal : LANGTANG, GOSAINKUND et HELAMBU
Au départ, une féroce envie de retourner au Népal (cf mon précédent carnet de voyage : http://pageperso.aol.fr/lethieu ) mais l’idée d’un séjour en altitude un peu plus court et des paysages plus variés … D’où le LANGTANG : une marche progressive pour atteindre une altitude raisonnable (4.000 m) et, de là, de petites ascensions « belvédères » sur le massif et une vallée élevée à priori sympathique. Pour compléter, retour par les lacs de GOSAINKUND et l’HELAMBU. Comme en 2004, nous nous organisons à quelques copains et nous partons sur le même type d’organisation qu’en 2004 : quelques mois à l’avance (le plus possible pour avoir des tarifs corrects ..) le billet PARIS-KATHMANDOU , un échange de mails avec NEPAL ECOLOGY TREK pour le reste du trek depuis KTM … Le reste est simple, l’expérience de 2004 sert : liste exhaustive des bagages, répartition par sacs (porteurs pour 10 kgs, à dos personnels et bagage « avion »)
Quelques semaines avant le départ, modification des horaires avion : l’escale à BARHEIN durera la nuit entière et notre première journée à KTM sera amputée de la matinée …. Pour moi, ce n’est pas très grave : cette journée népalaise, celle des premiers achats est toujours éprouvante avec les heures passées dans les innombrables boutiques de THAMEL.
MARDI 9 OCTOBRE 2007 : Départ TGV direct pour ROISSY, petite course d’orientation gratuite offerte par la compagnie gestionnaire de l’aéroport et finalement, nous nous retrouvons, sac en mains, à l’embarquement – attente (l’avion est le moyen de transport où l’on a le plus de temps pour s’ennuyer …) – embarquement – attente – tour de piste – attente (un passager a été « oublié » …) nouveau tour de piste et décollage (enfin …) Le voyage commence avec son lot d’exotisme : déjà le plateau-repas … c’est le moment où je rêve aux compagnies low-coast qui n’imposent pas pareil supplice à leurs passagers … Mais il est tard déjà et je mange quand même en scrutant sur un écran minuscule un film indien parlant anglais et sous-titré en arabe littéraire… 5 heures de vol pour une arrivée sans problèmes à BARHEIN – Transit : la compagnie délivre un « billet de logement » et un transfert vers un hôtel – Bonne chose : je connaitrai enfin l’extérieur de l’aéroport, parcours en navette dans une ville futuriste, parmi des voitures toutes également grosses et japonaises et arrivée à la « tour-hôtel » où nous attends notre chambre et un dîner plus digeste que le plateau aéroporté . Le lendemain, parcours inverse : parmi les tours aperçues la veille, un mur et des « vraies maisons » : la vraie ville, au milieu des tours commerciales ou hôtelières …. Réembarquement, re-plateau repas et enfin débarquement à KATHMANDOU où le soir tombe.
Dans l’aéroport, après les formalités (prévoir un stylo bille) : imprimé de renseignements divers, demande de visa, passage de police visa en poche, nous apercevons le guide de notre agence : c’est le même que celui qui nous avait fait visiter la ville il y a trois ans : accueil chaleureux et congratulations et enfin transfert vers notre hôtel. Nous reprenons contact avec la ville et les mystères de KTM : comment font-ils pour circuler sans anicroches au milieu de tant de véhicules, comment vivre dans une telle pollution, sans eau véritablement potable, sans ….
A l’hôtel, boisson, visite du responsable de l’agence (qui parle français, c’est bien …) et nous sortons nos euros pour régler le trek.
Organisation interne : Définition du programme du lendemain - Nous optons pour un programme léger : quelques courses le matin et départ vers 11 heures pour BAKTAPUR.
JEUDI 11 OCTOBRE :
deux ou trois heures dans THAMEL - éprouvant : quelques rues ne sont pas fermées à la circulation : toutes les 3 ou 4 secondes, coup de klaxon, passage d’un véhicule à moins de 2 cm de nos abattis (exceptionnellement moins encore …) et puis les sollicitations (gentilles mais un peu constantes ….) Dans les rues il me semble qu’il y a plus de vrais mendiants qu’il y a trois ans : enfants ou jeunes hommes faméliques, mamans tendant leurs nourrissons et des biberons vides. C’est vrai que ces gens sont gentils, moins agressifs que dans la plupart des pays « émergents » (pourquoi ne dit-on pas « pays pauvres » ???). Mais cette confrontation avec un niveau de misère inouï est une véritable épreuve (pour les gens normaux s’entend …) Passent également dans la rue d’énormes 4x4, blancs, rutilants et de la taille d’un bus local prévu pour 50 personnes. Ils sont frappés du sigle UN et chargés d’un ou deux enfants impeccables en route vers leur école : l’aide internationale est en route ….
Enfin 11 h et retour à l’hôtel pour notre guide, notre taxi et BAKTAPUR. Le court voyage est en fait une vraie découverte : les faubourgs de KTM, les fontaines publiques, une rivière et les premières terres agricoles. Enfin un « bassin sacré » peuplé de carpes énormes et c’est l’entrée de BAKTAPUR …

Très rapidement c’est le calme : peu de circulation, peu de touristes et bientôt, parmi les temples et les places, la vraie vie …. Déjà une débauche de photos, déjà des temples, déjà des marchés de potiers. Resto à une terrasse surplombant une place entourée de temples. L’après midi se poursuit avec d’autres temples magnifiquement ornés de sculptures sur bois représentant souvent des sujets érotiques (en fait, limite porno … et, en plus, un peu dégradés, si bien que des choses m’ont échappées) Enfin, c’est un beau et ancien travail d’art : nous photographions sans pudeur…. Suit une longue et calme déambulation dans les petites rues de BAKTAPUR : une merveille et un souvenir fort de ce séjour : la vraie vie : les potiers, bien sûr, mais aussi les fontaines publiques, le travail et le séchage du riz en pleine ville, la réfection des rues, … des gens qui s’épouillent aussi, mais que ferions nous si nous avions les mêmes conditions de vie ???
Bref, super journée – Retour sur KTM, rencontre avec notre guide de TREK et recherche d’un resto pour le soir …. On nous indique, à deux pas, un « ITALIEN » de bonne réputation : on se précipite. Devant la porte quelques 4x4 blancs et onusiens … La salle est vide, mais on nous indique, avec le sourire que ce n’est pas possible ce soir : je pense que notre présence aurait troublé la quiétude de nos fonctionnaires internationaux ou pire, perturbé leur travail….
Repas et dernière nuit à KTM avant le grand départ.
VENDREDI 12 OCTOBRE :
Debout trop tôt pour un départ en taxi vers 7 heures du matin ; petit déj, bagages et sacs de routes faits … - 1° exercice, remplir les taxis (de la taille d’une Fiat 500) et plier nos abattis occidentaux pour les mettre aux normes népalaises. Parcours sans histoires et arrivée sur une place encombrée de bus : c’est là, les cars TATA (la marque indienne phare) sont petits, robustes –notre guide discute et nous désigne des places assises dans un bus pratiquement vide. Jusque là tout va bien, l’intervalle entre deux sièges est inférieur à la longueur de mon fémur, je suis un peu coïncé d’une part par l’armature en fer du siège avant et d’autre part, sur le côté par l’armature de l’accoudoir brisé. Je ne dois pas être à la dimension népalaise standard. D’autres voyageurs arrivent, nous faisons quelques mètres, puis d’autres encore. Le bus plein, nous voyons arriver des bagages dans l’allée. Ca finit par des bidons de pétrole : ils fuient un peu et l’odeur sera du voyage (et les jours suivants, mon sac à dos était posé dessus …). Une fois le bus plein, il se passe des choses sur le toit : des sacs d’abord (nos sacs « porteurs », d’autres, innombrables, puis des gens, par l’échelle derrière, par les côtés … On doit bien en être à une capacité triple de celle du car. L’opération prend le temps de chargement d’un gros airbus, douane et police comprise. Elle est surveillée par un homme qui, de la porte latérale ouverte surveille, fait payer, vérifie et finit, sur deux coups du plat de la main, par donner l’ordre de marche …. A chaque manœuvre, un code : un coup, deux coups, marche avant, arrière, arrêt… le tout sans encombres au travers de ce qui, chez nous, est considéré comme un immense embouteillage …
Pour nous faire patienter sur les premiers hectomètres, une femme monte dans le bus, distribue à chacun un petit tract népalais/anglais expliquant sa situation financière et ses besoins pour payer l’école du fiston …. Elle repasse ensuite pour l’encaissement de nos roupies, récupérer ses tracts et repartir, en remerciant les donateurs et foudroyant du regard les autres …
La circulation redevient normale (quand la vitesse dépasse celle d’un homme à pied, puis celle d’un cycliste …) la route (largeur 5/6 mètres, dont 3 de goudronnés) s’élève rapidement au dessus de la ville : route superbe, abordée prudemment (croisements camions/bus limites, mais accomplis avec une grande prudence et plus de savoir vivre que chez nous …). Je gère, au mieux et avec l’aide spontanée de mes voisins, le placement de mes abattis en fonction de mes petites douleurs ou courbatures en tout genres. Deux heures de route : comme le préconise la Prévention Routière, pause et arrêt du véhicule. Petits besoins, les hommes en amont, côté vallée, les filles en aval côté montagne. Photo et tout le monde reprend sa place pour deux nouvelles heures, jusqu’à l’arrêt dans la vallée et la ville de TRISULI. Nous y mangerons notre premier « DAL BAT » (riz + sauce de lentilles + quelques légumes …) en essayant de nous défaire de nos habitudes d’hygiène alimentaire. Pendant ce temps notre bus se re-prépare : on arrime sur le toit, en plus des sacs, des cages à poules et de nouveaux sacs. Il nous faut reprendre la route pour 38 kms (d’après la borne) jusqu’à DUNCHE. La route n’est plus goudronnée, nous apprenons aussi qu’il y a eu quelques éboulements et qu’il nous faudra encore changer de bus… Quelques heures encore à une vitesse réduite. Les effondrements sont fréquents. Le passage s’effectue parfois « au pas », les roues à quelques centimètres du vide, le chauffeur guidé par les coups du copilote sur la carrosserie. Sur l’un de ces passages, la majorité des passagers (surtout les occidentaux) préfèrera effectuer le passage à pied. Arrivée enfin à l’effondrement principal : tout le monde descend, notre petite équipe se reconstitue : guide, porteurs, nous-mêmes et nos sacs. Nous passons l’effondrement, déjà des engins travaillent pour rouvrir la route. Arrivés de l’autre côté, des bus attendent. L’un est parti, l’autre attendra une heure. Nous en avons assez du manque d’espace et des odeurs de pétrole, nous décidons de faire les derniers kilomètres (8 ou 9) à pied. C’est parti pour le trek et DUNCHE que nous atteindrons peu avant la nuit. Installation dans un Lodge confortable (toilette mélangeant certes WC et douche sur 2 m², mais siège et eau chaude : le luxe …) et nous faisons mieux connaissance avec notre petite équipe : DANDHOS, le guide et nos trois porteurs : DIPI, SCHUM et FUL (orthographe approximative …)
Samedi 13 octobre : DUNCHE – SYABRU
Premier petit déj de campagne, l’occasion de tester les différentes façons de cuire le pain, chappattis sans levure, pain « tibétain » bien levé mais cuit à la friture. C’est ce dernier qui recueille nos suffrages et nous continuerons notre trek en mélangeant les fragrances de friture et les saveurs redoutables de confitures parfumées « à l’anglaise ». Mais il s’agit d’engranger les calories nécessaires à 5 ou 6 heures de marche …
Départ donc sur la route (piste) qui part de DUNCHE en direction de la frontière avec le TIBET … Petits raccourcis, croisement des bus matinaux et premiers contacts avec les gens, les gamins en nombre, les tisseuses et leurs métiers rudiment aires …. Quelques heures dans cette direction avant de prendre le sentier qui nous conduira à « THULO SYABRU » (le SYABRU du haut, pas celui du bas le long de la route principale …)
Pas de soleil pour cette première étape, pas vraiment de pluie non plus. Nous serons privés du spectacle des montagnes (normalement les vues sur le GANESH HIMAL) au profit de la vie locale, du premier repas de midi dans une « maison de thé » ou lodge rudimentaire. Joyeuse ambiance pour toute l’équipe, porteurs et guide compris … plaisanteries, ils sont jeunes, bavards, heureux d’être là …. Nous sympathisons tout de suite. Vers 16 h. arrivée sur SYABRU, petit rayon de soleil pour notre arrivée et premier lodge campagnard. Celui-ci affiche fièrement ses volets bleus et une pancarte affirmant « HOT WATER 24 h/24 ». J’en doute, le chauffage solaire n’a pas dû beaucoup produire. D’ailleurs 2 trekkeurs sont déjà là, réclamant leur dû et servis par un « coursier » faisant la navette, bouilloire en main, entre le foyer et la salle de bains. Je visite ensuite celle-ci : toujours 2 m² partagés entre la douche et le WC. Ce dernier est du modèle standard népalais : « à la turque » et de taille modeste. Il me faudra composer avec mon manque de souplesse, la grandeur de mes segments et les dimensions de l’objet. J’apprécierai, par la suite, les bienfaits d’une alimentation essentiellement constituée de féculents et par conséquent « sans déchets » ….
Dans la rue, des enfants jouent avec un énorme insecte, genre blatte, mais grand comme une main. Je détourne les yeux, en essayant d’ôter de mon esprit, la visite possible d’un tel insecte dans nos appartements. Ensuite, visite au petit temple (sans chaussures, mais avec roupies …) et belle fresque décrivant l’histoire des lieux, y compris l’image de la donatrice occidentale ayant participée à l’entretien du bâtiment. Mes amis veulent passer un coup de fil, un « cyber café » local possède un téléphone satellitaire. C’est facile, il faut toutefois sortir du bâtiment et placer l’appareil sur une table installée sur une sorte de belvédère …
Fin de la journée, repas (au choix patates ou riz –agrémentées ou non d’un peu d’œuf – quelques « végétaux » cuits et pimentés) – Nous nous offrons en supplément la bière (SAN MIGUEL fabriquée sous licence au Népal) et une ou deux friandises partagées entre nous. Nuit calme, des bruits divers dans les greniers, mais rien dans nos chambres.
Dimanche 14 octobre : SYABRU – LAMA HOTEL
Eclaircie le matin, je peux enfin photographier la montagne (GANESH HIMAL toujours..). Nous partons à flanc, en descente légère sur un flanc de montagne parsemées d’habitations et largement cultivé. Nous finissons par descendre sur notre premier pont de câble au-dessus d’un torrent se jetant plus bas dans le « Langtang Khola ». Passage ensuite dans une forêt superbe. J’essaye de mémoriser les plantes. J’en remarque une dont l’aspect me dit quelque chose. Pas de doute, il s’agit bien de cela, de « la » plante qui attira sans doute nombre de soixantehuitards et qui pousse là en liberté … Le parcours continue par une descente brusque sur la rivière principale que nous remonterons encore pendant quelques jours. En route, arrêt Coca (parfois ça aide à régler nos petits ennuis digestifs : le régime népalais et les épices associés ne sont encore pas assimilés), passage de la « Langtang Kola », vaste torrent dont le débit doit avoisiner celui d’un de nos fleuve. C’est impressionnant, le torrent a charrié des blocs de la dimension d’un immeuble, bousculé des avalanches de pierres. En route, nous apercevons dans une anfractuosité de grandes draperies brunes : ce sont des ruchers sauvages, mais, vu leur situation, je doute qu’ils soient exploités. Pour la suite, nous remontons la partie étroite de la vallée, dans la forêt primitive et humide (la « jungle »), parmi de beaux arbres aux branches envahies de mousses et de fougères. Super ambiance pour cette fin d’étape qui nous mène à « ‘LAMA HOTEL », petit village formé essentiellement de lodges. Douche rapide mais chaude dans le petit local extérieur, bière en terrasse (les prix montent petit à petit …) et repas, à peine troublé par l’arrivée, la nuit largement tombée, d’un groupe de bataves avec femmes, enfants et vieillards, sans doute montés de SYABU BESI. Un peu tardif comme programme, les troupes ne paraissent pas trop adaptées à un effort en montagne, mais le trek « aller-retour » du Langtang a la réputation d’être facile (c’est vrai) et l’on rencontre toutes sortes de trekkeurs « hors normes » …
Lundi 15 octobre : LAMA HOTEL / LANGTANG
Une étape « normale »de marche pour cette journée : nous ne sommes pas encore à de hautes altitudes et 1.000 m de dénivelé positif sont au programme … Nous commençons par la forêt « primaire » en longeant le cours du torrent : magnifique, j’essaye d’imaginer la chose au printemps avec fleurs et rodos …. Je reviendrai …. Notre avancée est correcte et nous « remontons » les groupes de trekkeurs repérés la veille : dont un groupe de tchèques, chargés comme des bêtes … Nous apprendrons plus tard qu’ils font le même trek que nous, mais qu’ils ont programmés l’ascension du YALA PEAK, un peu plus élevé que nos objectifs et couronné d’un glacier : d’où un équipement double : pour le trekking et pour la partie glaciaire … Arrivée en milieu de matinée à GORA TABELLA, sa caserne, son chevalet barbelé prêt à être placé en travers du chemin (mais il y a de la place partout autour …) et le CHEK POINT : permis, N° de passeports, photo avec les militaires … pas trop stressant cependant … quelques centaines de m. plus loin, deux militaires égrènent de petites baies rouges : nous goûtons, ça ressemble à des groseilles . Encore une heure de marche avant le lodge où nous prendrons notre repas de midi. Nous quittons la forêt pour trouver des espaces dégagés avec cultures et arbustes. Enfin, nous croisons nos premiers yaks.
A l’arrivée à LANGTANG, nous croisons un mariage au « Tibétian Lodge » : les femmes dansent, les hommes boivent et nous recevons une petite tasse de thé au beurre. Ce beau monde (tous sont en costume de cérémonie…), mariés compris, part ensuite en procession vers le petit pont enjambant le ruisseau tout proche. J’ignore le but de la cérémonie qui se déroule là : offrandes aux passants, écharpes, chants et musiques avant le retour au lodge-restaurant. Un petit enfant soutien son grand père sans doute atteint par un léger excès de boisson. Fin de cette parenthèse tibétaine, qui reste un grand souvenir de ce trek …
Mardi 16 octobre 2007 : LANGTANG – KYANGING GOMPA
Petite étape aujourd’hui pour une mise en altitude confortable : pas plus de 400 m de dénivelé pour une arrivée vers 4.000 m alt. – ça tombe plutôt bien : petits troubles digestifs… - Pause coca vers 10 heures alors que le temps change rapidement …. De la pluie ??? non, rapidement de la grosse neige mouillée. Nous terminerons la matinée avec la neige et nos capes pour une arrivée au lodge peu après midi. Installation au « Super View Hotel » (tout neuf…) où nous retrouvons « nos » tchèques, chargés, bruyants, mais bon …. Beaucoup de yacks ici, des chevaux aussi, montés façon cow-boys ou affectés au transport (de touristes malades entre-autres) …. Riz « sec » pour nos petits estomacs et sieste pour la fin de cette première journée en altitude.
Mercredi 17 octobre 2007 – le « KYANGING –RI » - 4.780 m alt. Environ …
Première montée sérieuse et premier « sommet-belvédère » pour aujourd’hui. La neige a recouvert le village et la montagne, le temps est reparti au beau et tout est fait pour nous offrir une magnifique première ascension, dans une ambiance plus « montagne » que normalement (en temps ordinaire, il ne s’agit que d’une montagne à vaches (ou à yacks …). Départ vers 7 heures du matin …. Montée raide et, pour moi, gros essoufflement en dépit de notre montée très progressive en altitude. La fin sera dure, un quart d’heure au moins derrière mes camarades, mais bon, 10 mètres après 10 mètres, même la montagne finit par se lasser. De ce petit sommet (en fait, un point haut sur une arête …) la vue est splendide : à gauche, le « Langtang Lirung » (7.250 m) et son glacier, devant et à droite, l’arête et les sommets (entre 6.000 et 7.000 m) formant frontière avec le Tibet. Plus bas, tout à fait à droite le « YALA PEAK » (5.550 m) objectif de nombreux trekkeurs, mais nécessitant un peu d’équipement « montagne ». La descente sera joyeuse malgré quelques glissades (la neige fond, détrempant le sol et l’argile ….). Après midi « au calme », je suis un peu atteint par l’altitude et soirée animée par nos amis tchèques qui fêtent leur première ascension en chansons (dont nos vieilles chansons « en français : je suis toujours surpris par les aptitudes des étrangers à assimiler notre langue, alors que la réciproque …) - Appétit correct mais nuit en pointillé (toujours l’altitude …)
Jeudi 18 octobre 2007 – la partie haute de la vallée du « Langtang Khola »
Pour cette journée « entre deux ascensions », un aller retour dans la vallée jusqu’à LANGSHISA KHARKA (point de départ de quelques ascensions sur la partie nord du massif …) Belle vallée glaciaire : torrent, cailloux et un environnement de montagnes fabuleux sous le soleil – Superbe … Au bout d’un moment, on se rend compte que la similitude avec nos montagnes a une limite : les dimensions : ici, tout est plus grand, largeur de la vallée, hauteur des sommets, distances …. En silence, je savoure, je photographie les fleurs (gentianes et edelweiss), les yacks et les chevaux en liberté …. Longue et superbe balade que cette journée (de 8 heures de marche quand même …) et retour au lodge. Rencontre avec un français (j’ai gardé l’habitude de dire bonjour : Namasté avec l’accent jurassien, je trouve que ça fait un peu « touriste » …) vivant au japon et fréquentant le site depuis une dizaine d’année. Discussion calme et agréable. Il a vu le glacier (Lirung Tsang) reculer d’année en année. A bien y regarder, cela s’explique : la partie haute est pratiquement verticale, pas de névé, pas de réserve donc, et ce glacier est sans doute plus sensible que d’autres aux changements climatiques … Nuit toujours un peu agitée
Vendredi 19 octobre 2007 : « Tsergo-Ri » (4.984 m.) ou balade …
Ce matin, ça ne va pas très fort. Décidément, je ne m’habitue guère à l’altitude, dommage … Je laisse donc le « gros de la troupe » se diriger vers le Tsergo-Ri, en essayant de me convaincre que le panorama sera le même que depuis de Kyanging Ri …. Avec deux de nos jeunes « porteurs et amis », restés sur place, je parts en balade vers TAMA, le long du glacier du Lirung et en direction du camp de base du Langtang Lirung …. En quittant le village, monastère et fromagerie (fromage à pâte dure, type gruyère népalais à base de lait de yack – mais peu affiné – très bon cependant quand on est privé de protéines depuis plusieurs jours ….). Petite montée, vers, puis contournant la moraine au dessus du village. Caillasses et buissons, superbes edelweiss, et, comme un éclair rouge dans le soleil, l’envol d’un faisan … Vient ensuite la moraine latérale, elle-même longée par un ruisseau aux eaux de cristal. Petite halte – biscuit, un dernier coup d’œil au glacier et redescente vers le lodge, les pentes à yack et, un peu plus tard, le retour de nos amis. L’ascension s’est bien passée. Ils m’assurent, par pur méchanceté, que le panorama y était superbe et très différent de celui de l’avant-veille. Puis ensuite un calme après-midi, une nouvelle conversation avec notre français de la veille. Malgré son âge, il est monté sur le Kyanging Ri avec sa jeune guide, qui elle-même en revient avec une provision de l’encens, qui pousse sur ces pentes et dont le parfum est recherché …. Repas un peu plus consistant et meilleure nuit.
Samedi 20 octobre 2007 : retour vers LAMA HOTEL
Nous allongeons volontairement l’étape prévue, pour profiter de la descente et raccourcir les futures étapes « montantes » … A nouveau la partie haute de la vallée. Les champs ont retrouvé leur calme après le mariage, tout le monde est dans les champs. Au passage, on nous tend un enfant pour l’aider à passer le mur de l’enclos. Une fois sur le chemin, il rejoindra son père, chargé d’une « meule » de brindilles, et bien sûr incapable de dégager ses mains de la charge …. Par la suite, l’enfant ira sur le dos de mon ami Serge et cessera d’entraver la marche du père …. Nous croiserons aussi, en chemin, un groupe de fidèle revenant, en procession, d’un petit temple (c’est fête aujourd’hui …) Au passage, on nous offre une sorte de pain d’épices qui heurte un peu nos goûts occidentaux. Nous rejoindrons ensuite la forêt humide. Arrêt dans un petit lodge pour le repas. Nous sommes rejoint par notre franco-japonais (au fil des conversations, j’ai compris qu’il était prêtre) qui me montre la plante d’encens (j’en trouverai plus haut, vers les lacs de Gasainkund …) et nous discutons un peu de la situation du Népal : comme moi, il espère une solution politique proche et une amélioration rapide de la situation… pauvre pays …
Nous poursuivons notre chemin et nous arriverons sans encombres et à l’heure de la bière à notre lodge de LAMA HOTEL ….
Dimanche 21 octobre 2007 : montée vers SYABRU.
En fait, pas si difficile que cela : la perte d’altitude, l’habitude du régime alimentaire, une perte de poids non négligeable, tout est fait pour une étape rapide et sans histoires : superbe : les ruches sauvages, le site de « Bamboo » sous le soleil, les pentes sous SYABRU et les cultures en terrasses. Tout est magnifique sous le soleil… Nous retrouvons la civilisation, les gens … c’est la saison des récoltes, les légumes sèchent au soleil … sourires …. Et une arrivée en début d’après midi au lodge. Serge a mené un train d’enfer : notre guide peine à prononcer les expressions françaises utilisées en pareil cas … Nous l’excuserons volontiers après qu’il nous ait assuré de la possibilité de manger de la viande de mouton : c’est fête ….
Petite visite aux environs du lodge pour une multitude d’oiseaux (faisans, perdrix ??? mais nos appellations conviennent elles ici ?) Retour : à l’étage inférieur on s’acharne sur quelque chose, à l’odeur ce doit être de la viande, un peu âgée à priori … Sur le toit en tôle (rouillée)d’ en face, une cuisse d’animal (chèvre ??) manque … Nous ferons le lien un peu plus tard, à l’heure du repas …
Le village ensuite, pour d’autres rencontres et retour au lodge à l’heure de la bière accompagnée ce soir par de délicieux petits morceaux de viande très cuite et très épicée. Comme c’est jour de fête, il y a la sono dans le lodge : nos jeunes « guides-porteurs-amis » dansent, puis nous …. La musique est népalaise mais contemporaine, pas désagréable, mais il faut une certaine habitude … Un seul disque, en boucle, mais cela nous mènera à l’heure du repas….
Arrivée de la viande promise : nous faisons le lien avec nos visions antérieures, mais la viande est très cuite, très épicée et superbe. Notre appétit fait le reste … Nous avions tort de nous faire du souci : ça passera très bien, sans dommages …. Fin de repas un peu plus traditionnelle et discussion avec deux collègues est-allemands venus là pour un court trek (c’est fête et il y a quelques jours de congés …). Ils sont dans l’humanitaire, mais dans le cadre de leur « plan de carrière » …. J’aime bien l’idée que le contact avec un des pays les plus pauvres du monde et une démarche humanitaire soient intégrés dans la préparation des futurs cadres ….
